Comment pratiquer la méthode Lego® Serious Play® ?

La méthode Lego® Serious Play® est une méthode de réflexion en 3D qui stimule la créativité afin de favoriser le passage à l’innovation. Elle favorise également l’intelligence collective et améliore la cohésion par l’engagement des équipes pour les entreprises. J’utilise cette même méthode pour résoudre des problèmes personnels voire de développement personnel (confiance en soi, développement de projet,…)

La création de la compagnie Lego® remonte à 1932 et existe donc depuis plus de 85 ans. Pour ceux qui ne le savent pas encore, il s’agit d’une entreprise de création de jouets pour enfants, lesquels sont conçus sur la base de l’assemblage de briques élémentaires. La méthode Lego® Serious Play® à été créée dans les années 2000 par Robert Rasmussen faisant partie du département R&D (Recherche & Développement) de LEGO®.

Dans son application, le Lego® Serious Play® réunit plusieurs participants. Le but est notamment ici de concevoir des modèles 3D Lego® afin de répondre aux questions que le facilitateur pose. Ces modèles 3D serviront notamment de base pour la discussion de groupe. C’est à partir de ces modèles individuels que l’on partage des connaissances, résout des problèmes et prend des décisions collectives. Cette méthode est donc un procédé ludique qui permet la résolution de problèmes par l’intelligence collaborative : on réfléchit mieux à plusieurs !

La méthode se base sur les compétences visuelles, auditives et kinesthésiques (=qui concerne la sensation de mouvement des parties du corps). Il est donc important que les participants écoutent et apprennent et ne voient pas cette méthode que pour jouer.

Dans la pratique, voici les plus grands principes qui régissent cette méthode internationale :

  • Un langage commun pour favoriser la communication et la discussion entre les divers participants. Cela permet notamment de favoriser les échanges et de permettre par conséquent une meilleure idéation (=génération des idées).

  • Embarquer tous les participants : chaque participant doit être sur le même pied d’égalité malgré les différences de personnalité (introverti et extraverti

  • Des productions et des résultats concrets en 3D : une fois que le jeu a commencé, on doit pouvoir produire des résultats concrets. Ils aident l’équipe à mieux voir les fruits de leur créativité et de facilement les mettre en œuvre.

Durant l’atelier :

Un atelier dure idéalement 4 heures et se compose 2 à 8 participants maximum. On leur met à disposition des kits de Lego® Serious Play®. Il en existe différents types, du kit de base individuel au module technique de connexion d’un modèle collectif, permettant ainsi de répondre à tous les besoins. On explique aux participants les règles et le core process plus communément appelé consignes :

Les règles sont :

  • Rester positif (≠ mais / ne pas/ essayer)

  • Absence de jugement

  • Pas de téléphone (pour rester dans la sphère créative)

  • Bienveillance, écoute & fun

  • Construire en silence

  • On questionne la signification des briques uniquement

  • On ne touche pas les pièces des autres

Core Process :

  • Etape 1 : Poser une question

  • Etape 2 : Construire & Donner du sens

  • Etape 3 : Raconter & Partager l’histoire

  • Etape 4 : Apprendre & Réfléchir

L’absence de téléphone est essentielle car l’utilisation d’objets du quotidien stimule la partie cognitive du cerveau. A l’opposé, l’apprentissage par les LEGO® stimule la partie préfrontale du cerveau. Afin de ne pas fatiguer le cerveau à faire des allers-retours entre la partie préfrontale et cognitive il est préférable de bannir les écrans tout le long de l’atelier. La méthode Lego® Serious Play® permet de solliciter les deux hémisphères du cerveau : droit pour la créativité et la recherche de solutions, gauche pour l’organisation et la construction d’un modèle. Grâce à l’expérimentation et à la co-construction, les participants s’accordent sur des solutions et s’approprient les décisions et actions à mener. Ils ont ainsi l’occasion de tester des scenarii sans risque et apprennent à mieux gérer les imprévus. Cette méthode est idéale pour des personnes ayant du mal à se lancer dans des projets ou à visualiser à long terme ses envies.

Une fois que tout est en place, on peut poser les questions. Celles-ci dépendent de la problématique que l’on traite. Le facilitateur doit donc stratégiquement amener des questions de plus en plus concrètes. Après la première question, chaque participant doit réaliser une construction à base de Lego® (en 3 minutes généralement) puis ils devront les expliquer chacun à leur tour aux autres membres. Ici, il est important de ne faire aucun jugement sur le sens de la construction d’un membre, ni de dire ce que nous avons compris à sa place. Il ne faut pas dépersonnaliser la construction de son auteur.

Le respect de la méthodologie évite les erreurs de communication, les conflits et les incompréhensions voire malentendus. Démarrer l’atelier par une construction individuelle permet à chacun d’exprimer sa vision et d’être entendu sans jugement. Le travail de co-construction prend en compte tous les points de vue qui sont très souvent complémentaires.

Tout atelier commence par trois exercices permettant d’ancrer la méthode chez les participants tout en embarquant tout le monde. Ces trois exercices universels d’introduction installent une bulle de confort et de confiance par le fait de : construire, faire une métaphore et raconter une histoire. N’importe quel exercice peut ensuite être amené après ces trois exercices de base qui met tous les participants à égalité avec l’utilisation des Lego® et de la méthode elle-même.

Le facilitateur :

Le rôle du facilitateur dans l’ordre chronologique d’un atelier est d’être bon conseiller puis de simplifier (=faciliter) les problèmes complexes puis d’animer l’atelier et enfin d’écrire une synthèse tangible des actions à mener avec la vision de tous.

Le facilitateur doit comprendre la problématique à résoudre et constituer le filage (=séquencement) de l’atelier en fonction du résultat à obtenir. Il faut bien analyser la demande du client afin d’adapter au mieux les questions qui vont être posées lors de l’atelier. Une co-construction efficace lors de l’atelier dépendra de la qualité des questions posées. Le choix des exercices de construction et leurs ordres sont donc testés au préalable. Cela demande beaucoup de préparation.

Durant l’atelier il n’est qu’animateur, il améliore la communication au sein de l’équipe afin de construire ensemble une compréhension commune. Le facilitateur ne participe en rien à la prise de décision. Son rôle se limite à la facilitation du processus afin que l’on puisse obtenir des résultats tangibles.

Idées d’atelier :

En fonction des besoins, les ateliers peuvent booster la créativité, favoriser le processus d’innovation, résoudre des problèmes de communication, améliorer la confiance en soi, prototyper un objet physique ou un service, développer des idées de projets pro ou personnel, créer une cohésion d’équipe ou définir une vision stratégique avec un comité de direction.

De manière générale la méthode permet de manière progressive d’amener la créativité à tous les participants :

Imagination descriptive : Afin de se débloquer de la routine en donnant du sens à l’existant,

Imagination créative : Afin de sortir du cadre en transformant l’existant,

Imagination compétitive : Afin de déconstruire pour aller plus loin de manière disruptive en rejetant l’existant.

Mon avis :

Après avoir suivi une formation de 40 heures intensives j’ai été certifiée. J’ai beaucoup aimé en apprendre sur le fonctionnement du cerveau humain et à quel point nous avons besoin de penser différemment dans ce monde moderne. Je pense qu’elle est plus facile à mettre en place pour des problématiques personnelles que professionnelles. Mais il y a dans tous les cas beaucoup plus de préparation à faire qu’avec la méthode de Design Thinking.

La créativité demeure l’une des plus grandes forces pour avancer de nos jours. En effet, il ne faudra plus suivre et adopter ce qui marche mais découvrir ce qui n’a jamais été testé. Toutefois, contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela n’est pas toujours facile. Il faut appliquer la créativité avec méthode et rigueur. C’est pour cela qu’il est important de choisir un facilitateur certifié et non quelqu’un qui pense s’y connaître. Les techniques de créativité sont de nos jours très nombreuses.

Tout comme le Design Thinking, la méthode Lego® Serious Play® propose une approche différente de résolution de problématiques. Créer quelque chose de nos propres mains nous met devant le fait accompli et débloque des solutions jamais pensées auparavant. Des solutions radicalement nouvelles, grâce à une approche radicalement différente et créative.

Je rêverais d’utiliser cette méthode afin de résoudre des problèmes societaux dans un aspect de Design Social en plus des problèmes de communication et de developpement personnel que je fais déjà.

N’hésitez pas à mettre un cœur si vous avez trouvé l’article intéressant 🙂

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